Pubblico di seguito la mia intervista rilasciata al quotidiano francese Les Echos sulle possibili politiche del nuovo Governo italiano in materia di pensioni, tasse e reddito di cittadinanza.

 

A l’issue d’un long entretien mercredi avec le président italien, Sergio Mattarella, le juriste  Giuseppe Conte a été chargé de former le nouveau gouvernement . D’emblée, il s’est présenté comme « l’avocat de la défense du peuple italien » et a promis d’appliquer le programme anti-austérité et sécuritaire concocté par la Ligue et le M5S. Ce « contrat de gouvernement pour le changement » est d’abord  un programme électoral avant d’être un programme de gouvernement, qui sera par définition amené à évoluer pour être mis en oeuvre. Bien que se voulant « contraignant » pour les deux parties, il n’avance que des promesses et des principes, le plus souvent vagues, sans les chiffrer avec précision. La plus grande liberté est ainsi laissée quant à l’interprétation de ces revendications superposées. Elles pourront être plus facilement démenties le cas échéant ou permettre d’accuser l’autre partenaire de la coalition de ne pas avoir respecté ses engagements.

L’âge de la retraite fortement abaissé

Le programme prévoit tout d’abord deux mesures sociales très onéreuses. Il s’agit de  supprimer la réforme des retraites dite Fornero, qui devait augmenter l’âge légal de départ à la retraite à 66 ans et 7 mois puis 67 ans en 2019. Un retour en arrière est au contraire prévu au travers de la règle du « barème 100 », à savoir la possibilité de cesser son activité professionnelle lorsque la somme de l’âge et des années de cotisation est égale à 100 (par exemple 59 ans et 41 ans de cotisations). L’âge de départ serait ainsi très fortement abaissé, à l’inverse de toutes les réformes menées en Europe. La mesure coûterait 9 milliards d’euros par an à l’Etat.

Un revenu citoyen sous condition

Deuxième promesse : celle d’un revenu citoyen mensuel, à 780 euros. Il serait conditionné à l’acceptation d’au moins une des trois propositions qui seront faites sur deux ans par les agences pour l’emploi. Deux milliards d’euros seront d’abord investis pour leur réorganisation et leur amélioration avant de lancer, en 2019 ou 2020, la mesure dont le coût est évalué entre 17 et 30 milliards d’euros.

Une baisse massive des impôts

« On touche alors à la contradiction fondamentale du programme. Car cette réponse « assistantialiste » aux besoins de protections du sud devrait inévitablement produire une augmentation des impôts, souligne Michel Martone, professeur du droit du travail et ancien vice-ministre des Politiques sociales du gouvernement Monti. Or c’est l’inverse qui est prévu, via la baisse massive des impôts, principale revendication de la Ligue pour satisfaire les entreprises du nord du pays. » Le barème des impôts serait ramené à deux taux, à 15 % et à 20 %, pour les personnes physiques, les autoentrepreneurs et les entreprises. Pour les familles, il est prévu un abattement fixe de 3.000 euros. L’Etat se priverait au total de 64 milliards d’euros de rentrées fiscales !

La croissance pour diminuer la dette

Comment faire alors pour réduire la dette publique ? « Non par des mesures axées sur l’impôt et l’austérité – politiques qui se sont révélées incapables d’obtenir un tel résultat -, récite le contrat de gouvernement, mais grâce à une augmentation du PIB, rendue possible par la relance à la fois de la demande interne et de la demande extérieure. » Quant à la réaction de Bruxelles qui enjoint Rome de réduire sa dette et de contrôler ses déficits, le pacte de gouvernement reste sur ce point, comme sur les autres, tout aussi vague qu’incantatoire : « Pour renforcer la croissance et le développement du pays, nous considérons qu’il faut en priorité forcer la Commission européenne à séparer les investissements publics productifs du déficit courant. »

Vers une dégradation de la note italienne

Pour l’agence de notation Fitch, ce programme s’il est mis en oeuvre « dégradera le risque souverain de l’Italie, fera peser de lourdes incertitudes sur le secteur bancaire et se révèle incohérent avec les objectifs qu’il se fixe ». Un jugement que partage Michel Martone qui se veut moins alarmiste : « Il est évident que ces propositions inconciliables ou illusoires seront modifiées. Ce n’est pas l’explosion de la dette ou des déficits que je crains mais que les grands espoirs suscités soient déçus. »